Photo diffusée par le bureau du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 9 février 2026, lors d'un message télévisé à Téhéra ( KHAMENEI.IR / Handout )
Nouvelle arrestation dans le camp réformateur et condamnation de Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix: l'Iran intensifie la répression à l'intérieur du pays, tout en maintenant la voie diplomatique ouverte avec les Etats-Unis.
Face aux inquiétudes sur son programme nucléaire, la République islamique s'est dite disposée lundi à une possible "dilution" de son stock d'uranium hautement enrichi - à condition que soient levées "toutes les sanctions" internationales visant le pays.
Malgré la reprise des pourparlers vendredi à Oman, le ton reste ferme et la "méfiance profonde" envers les Etats-Unis, a averti le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.
Confronté à l'un de ses plus grands défis, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé ses compatriotes à faire preuve de "résilience" à l'occasion de l'anniversaire cette semaine de la Révolution islamique de 1979.
"La puissance d'une nation ne réside pas tant dans ses missiles et ses avions que dans la volonté et la résilience de son peuple", a souligné le dirigeant, ajoutant: "Montrez-le à nouveau et déjouez les plans de l'ennemi".
Il a livré ce message de fermeté au moment où le pouvoir accentue la pression sur les voix critiques.
Cinq figures de la coalition du Front des réformateurs ont au total été interpellées depuis dimanche, dont sa cheffe Azar Mansouri, son porte-parole Javad Emam et l'ancien député Ali Shakouri Rad, selon des médias iraniens.
- Arrestations en série -
Le camp réformateur avait largement soutenu le président Massoud Pezeshkian lors de la campagne présidentielle de 2024.
La mosquée de l'Imam Sadiq, place Palestine, à Téhéran, le 9 février 2026 en Iran ( AFP / ATTA KENARE )
Mais il a pris ses distances après les manifestations qui ont éclaté fin décembre contre le marasme économique et pris de l'ampleur les 8 et 9 janvier.
Hossein Karoubi, le fils de l'opposant Mehdi Karoubi, a également été arrêté lundi après avoir été convoqué par le parquet, selon son avocat Mohammad Jalilian, cité par l'agence Fars. Son père a lui-même passé des années en résidence surveillée avant d'être libéré l'an dernier.
Le mouvement de contestation a été étouffé dans le sang par les autorités. Les ONG recensent des milliers de morts et redoutent un bilan bien plus élevé.
Photo non datée et non localisée diffusée par la Fondation Narges Mohammadi, le 2 octobre 2023, de la militante iranienne des droits de l'homme et prix Nobel de la Paix 2023, Narges Mohammadi ( Fondation Narges Mohammadi / - )
Autre cible du pouvoir, Narges Mohammadi, lauréate du Nobel de la paix en 2023, a été condamnée samedi à de la prison ferme, selon son avocat.
Emprisonnée à plusieurs reprises ces 25 dernières années pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict pour les femmes en Iran, elle a cette fois été condamnée pour "rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes" et "activités de propagande", dans deux affaires distinctes.
- Stock d'uranium -
Le président américain Donald Trump a multiplié en janvier les menaces d'intervention militaire en Iran face à la répression des rassemblements.
Mais le sujet semble avoir été éludé lors des pourparlers qui se sont tenus à Oman, les premiers depuis la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël.
L'Iran n'accepte de discuter que de son programme nucléaire, martelant son droit à enrichir l'uranium à des fins civiles, alors que les pays occidentaux et Israël l'accusent de chercher à se doter de l'arme nucléaire.
Répondant à une question "sur la possibilité de diluer" son stock d'uranium enrichi à 60%, proche du seuil de 90% nécessaire à la fabrication de la bombe, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique Mohammad Eslami a déclaré "que cela dépendait de la levée de toutes les sanctions en contrepartie", a rapporté l'agence officielle Irna.
Avant les frappes israélo-américaines sur ses sites nucléaires en juin, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%, bien au-delà des 3,67% autorisés par l'accord nucléaire conclu avec les grandes puissances en 2015, devenu caduc à la suite du retrait unilatéral de Washington en 2018.
Photo diffusée par l'US Navy, le 8 février 2026, montrant des observateurs, dont les négociateurs américains en chef Steve Witkoff et Jared Kushner, lors d'opérations aériennes sur le pont d'envol du porte-avions de classe Nimitz USS Abraham Lincoln (CVN 72) en mer d'Arabie, le 7 février 2026 ( US NAVY / Hannah Tross )
Les Etats-Unis, qui ont déployé une vaste force navale dans le Golfe, exigent un accord plus large, incluant la limitation des capacités balistiques du pays et l'arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël.
Malgré ces divergences, M. Trump s'est félicité de "très bonnes" discussions, qui devraient se poursuivre dans les prochains jours.
Le secrétaire de la plus haute instance de sécurité en Iran, Ali Larijani, est attendu mardi à Oman pour "discuter des derniers développements régionaux et internationaux".

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